EN TOUTE INDIFFERENCE 1 / 2 .. ( 2.)..........

Il avait retrouvé ces machines qui avaient apporté tant de soucis lors de sa période au lycée technique. Mais celles-ci étaient nettement plus disciplinées. Seul l'approvisionnement en matière première et la sélection des produits finis lui incombaient……. Les plages horaires lui laissaient du temps libre, qu'il n'employait pas pour autant à des tâches cérébrales et encore moins artisanales. Pour le moment ses loisirs se cantonnaient aux bistrots et guinches de proximité…Il pourvoirait bientôt seul à certains de ses besoins, et rêvait déjà d'autres échappées.
Il acquit sa première automobile d'un bleu azuréen laissant inaugurer la découverte d'horizons nouveaux. Et son autonomie s'accentua.! Les sorties du vendredi soir signant les fins de semaines, incontournables, le menaient noceur aux confins des départements voisins. La bière et le rouge limé coulant à flots dans les bals du samedi, le laissaient souvent dans un état euphorique assez alarmant face à la maréchaussée, comme les traditionnels apéritifs du dimanche où les tournées d'alcools anisés se succédaient avec un succès de moins en moins acceptable. Il arrivait à saturation, mais n'en avait pas encore tout à fait foi, même quand il commençait au petit blanc, très tôt le matin, aux pauses-repas de l'entreprise.
S'ensuivit alors une période de vacations (Voir 6320 Portoroz Slovenija) qui calma un peu ses abus méthanol. Dès son retour, il comprit que quelqu'un d'autre allait s'occuper de ses débauches : l'armée allait y mettre un terme. Elle le réclamait, formellement, comme des centaines de ses semblables, pour une série de tests en vue de son incorporation prochaine. Celle-là, il ne l'attendait pas si tôt ! Y avait' il un moyen d'y échapper ? Bien sûr que non ! D'ailleurs, en avait-il envie ? En attendant, il ne ferait probablement rien pour atténuer sa soif d'évasions et de bacchanales !
Ce bref séjour en compagnie des hommes du recrutement de l'armée lui laissait une impression indistincte.. Hormis les examens médicaux superficiels, le questionnaire ne porta que sur des banalités. Le seul désir qu'il pût émettre fut la possibilité d'effectuer sa période Outre- Mer, si l'on voulait bien prendre sa demande en considération….. Et....
Quelques temps passèrent, quand le grand corps de l'état qui ferait de lui un soldat se manifesta. Outre-Rhin serait son affectation ! Speyer am Rhein disciplinerait le jeune appelé.
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Sur le quai de la station, il discerna dans la brume les feux du Strasbourg-Vintimille qui loin des grands axes ferroviaires, condescendait à faire un arrêt de quelques minutes dans la capitale régionale. Le « Train à bidasses », c'était son petit nom, l'amena jusqu'à la capitale alsacienne en un interminable voyage. Tout ce qu'il en vit, fut la sombre et sale galerie de la caserne de transit où un havresac dont le contenant lui échappait lui fut attribué. Un passage à l'ordinaire frugal et infect, et déjà il était en transit pour la dernière étape vers Spire.
Belle ville, pour le peu qu'il pût en voir durant le parcours de la gare à la caserne, où il avait été intercepté sans ménagement. Dans un alignement parfait, chars, camions, jeeps, occupaient la grande place centrale du cantonnement, deux hommes de faction à l'entrée! Un silence surprenant sévissait ! Que se passait-il donc ? De toute façon, ça lui était égal, il était incarcéré, il ne pouvait plus échapper aux seize mois de vacances que l'administration lui offrait gracieusement!
On l'installa dans ses appartements. Garçonnière de six lits, six armoires, et basta ! Il ne manquait qu'un repas spartiate pour matérialiser le commencement de sa période « d'austérité » Bah ! Il en verrait sûrement d'autres……….. Et rien ne le tourmentait trop pour le moment......
.............Quand un aboiement se propagea dans la galerie qui donnait accès aux chambrées. Un gradé accompagné de son âme damnée, qu'il pensât, rassembla son monde, ordonna le bouclage des "gueules" pendant le trot migratoire jusqu'au bâtiment voisin où commença l'attribution de la nouvelle garde- robe.
Treillis, pulls, chemises, poncho, casque, béret, treillis de satin, tenue de sortie……. ....Et armoiries allant avec. Chez le chausseur, "bottines" noires à lacets, œillets façon aluminium brossé, appelées rangers, nécessitant une pointure supplémentaire et un assouplissement impératif.
Comblé et chargé par son shopping gratuit, toujours au petit trot, retour au gynécée avant l'appel du Fourrier qui lui affecta un fusil au calibre conséquent, avec priorité de garde très rapprochée sous peine de représailles. Quant au barbier ! Ah!Déambuler avec la tondeuse sur le crâne d'un « bleu », amenait à son visage une jouissance perceptible.
Puis il prit connaissance des dépendances, expérimenta la gastronomie, connut les premières vexations, les ultimes consignes.......
Le lendemain, habillé, enchaussé, cuirassé, casqué, enjolivé ………. Il montait la garde à l'entrée du quartier. Le régiment était en alerte………
En France, les esprits s'échauffaient........
Pour lui, en ce moment là, ça ne changeait pas grand chose…….
A suivre.................

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