***EN TOUTE INDIFFERENCE....partie...3

L'imposante masse de l'engin blindé rebutait les automobilistes à forcer le passage, bien qu'en général, ignorant superbement tous les sémaphores de signalisation, le convoi ne s'arrêtait pas. L'homogénéité était la règle !
Cela l'irritait un peu, mais cette "prédominance" évitait bien des embarras routiers. De toute façon, on ne lui demandait pas de réfléchir ! Son job, mener son bateau, le chef de char là-haut, derrière lui, supervisait le radioguidage.
Blindé paré pour le combat, un second pilote et un tireur complétaient l'équipage. L'escadron partait en manœuvres, Bitche la destination.
Depuis son accréditation de pilotage, il avait échangé son fusil si courtisé, contre un pistolet automatique, mais n'avait pas gagné au troc. Ce geste mécanique qui tendait à vérifier sa présence était devenu obsessionnel.
Un peu fébrile, casque vissé sur la tête, attentif tout de même, aux ordres du leader de l'unité, il doutait de la bonne combinaison des boîtes de vitesses, de sa capacité de connaître le gabarit du véhicule, il doutait de son aptitude à évaluer un risque, il doutait de ..............tout ! Cependant, tous les indicateurs étaient corrects, pas de sous régime, là haut on se tenait coi, tout avait l'air d'être optimal. Il était loin de la bonhomie de l'instruction, et devait admettre que selon la situation qui se présenterait, il ne serait pas assuré de pouvoir la gérer. Pourtant, on lui avait assez rabâché que les possibilités de son engin étaient atypiques....
Alors pas d'empressement ! Chaque chose en son temps.
Le premier escadron de Spahis se déballa donc sur le terrain de manoeuvres mosellan. Le bataillon logea là quelques jours, et engagea une combat fictif auquel il n'appréhenda absolument rien. Il ne sut même pas quand il commença ! Américains ou Anglais l'expédièrent hors de combat avec une promptitude stupéfiante. Quand la fin des hostilités pour son équipage filtra, il s'interpella sur le pourquoi de ce "bazar" auquel il était si peu associé......
Pas un commentaire ne descendit du donjon ! Eh bien ! Il n'en avait rien à faire ! Ce n'est pas lui qui allait en demander !
Exaspéré, il se surprenait être l'élément d'un divertissement qui se jouait dans un tout autre tableau. Cette impression désagréable de jouer les "utilités inutiles " ne faisait qu'exacerber son dépit.
Bref, demain interviendrait une séance de tirs.
Qu'il espérait cependant plus glorieuse !
Persuadé être une fraction d'une des armées à la technologie performante, quand commencèrent les préparatifs du tir au canon depuis l' EBR, il se retrouva abasourdi devant " l'excellence" des préliminaires à l'exécution du tir !!
Positionné, freins bloqués. C'était au tireur de composer ! Avant que ne déferle un « tonnerre de feu », revint aux pilotes d'apposer d'énormes cales de bois derrière les pneumatiques de l'appareil. La tourelle entraînant le canon fut amenée à la perpendiculaire des postes de pilotage...... la direction de tir ajustée..... la hausse de tir réglée……………..ensuite.... II n'avait qu'une vague idée de ce qui se passait là dedans ?
Un vrombissement énorme parcourut l'habitacle. La prodigieuse oscillation qui s'empara du char le fit tressaillir, mais le blindé ne se déplaça pas d'un poil ! ! Vu l'impact encaissé, il concevait pour quel motif on ne tirait pas dans les sens de circulation! Ce n'était pas des chenillés, seulement des engins de reconnaissance, la fonction principale n'étant pas cette spécialité. D'accord ! Mais en temps de belligérance, y avait-il une autre option ?
Le silence "assourdissant" descendu de la tourelle de commandement le déconcerta.
A décharge, il était évident qu'il y avait un souci de protection du contingent d'appelés !
Quoiqu'il en soit les discussions s'articulaient déjà sur les préparatifs de retour, et bien vite, tournèrent autour de la prochaine permission de sortie........
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La toilette du fardier terminée, les parties les plus névralgiques décrassées, frottées, récurées, séchées, enfin on allait graisser ! Et le graissage annonçait l'aboutissement des opérations d'entretien. Travail de longue haleine, mais tellement raccourci par le nombre de graisseurs bouchés ou défectueux......et il y en avait, dont personne ne disait mot......
Il avait repris les tâches quotidiennes qui lui étaient dispensées, et était peu enjoué par les prochaines heures à échoir.
Les gardes de jour à l'entrée du Quartier se révélaient interminables et rébarbatives, celles de nuit, perturbantes, ponctuées de levers toutes les deux heures suivant le poste attribué.
Hors l'entrée de la caserne, alternativement, les gardes se déroulaient à une centaine de mètres du poste, à la station de ravitaillement en essence. Le long de l'imposant hangar, il comptait le nombre d'allées et venues effectuées, le temps paraissant infiniment long, même si parfois le maréchal des logis se présentait au débotté, constater si par hasard il n'avait pas failli à sa mission. Après les injonctions d'usage, « Halte ! Qui va là ! Halte ! Ou je tire ...... Il faisait son rapport. Si par un fâcheux hasard, personne n'avait répondu après trois mises en demeure, le manuel stipulait qu'il fallait ouvrir le feu ! Dame, naturellement ! En supposant que le chargeur de balles accompagnant le pistolet mitrailleur, ne soit pas cousu fermement dans un étui de toile, bien au chaud dans une poche de son manteau ! L'hiver, quand la neige s'invitait parfois, il engageait ses rangers dans d'énormes sur-chaussures sous lesquelles celle-ci s'accumulait, lui donnant une envergure gigantesque qui alourdissait encore sa capacité à se défendre d'une éventuelle agression !!!!!!
Mais il n'était pas si ironique qu'en ce moment ! Pas trop couard, mais peu téméraire, ces handicaps laissaient penser qu'il pouvait-être la cible idéale d'une quelconque conspiration concoctée par sa hiérarchie. La quiétude n'était pas de mise !
Mais il ne connaissait pas encore « Duden », là bas, à quelques kilomètres en pleine forêt …………….
L'ennemi héréditaire était toujours la Russie, FOMEC* et ESTOMAC* lui permettraient de camoufler sa personne en cas de raids de reconnaissance…. Distribution de pilules autorisant l'ingérence d'eau non potable, autopsie de la boîte de ration, Brrr........... Quand la famine s'installera !!!
Un parfum de longue balade se précisait....
Pour la ixième fois, il allait ceindre.... satin... ! Il avait eu un mal de chien à le reconquérir, ce n'était pas l'idéal, mais après tout, advienne ce que pourra ! Il n'était pas lavandier. D'ailleurs qui se serait hasardé à darder un oeil dans l'habitacle de son EBR ? Pas les mandarins de Treves où il défilerait, pour une raison probablement ....militaire*. ( *Très pratique quand on ne se souvient plus )
Quelle poisse !
Encore que, ce sera peut-être mieux que de folichonner en campagne la nuit, quelques kilomètres punitifs, le sac à dos chargé, ............comme hier !
A suivre....
*lEVIOC.
b
*F.O.M.E.C. :/ Forme, Ombre, Mouvement, Eclat, Couleur.

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