** EN TOUTE INDIFFERENCE....2eme partie.
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Oh ! Terrain qui rassemble dans l'ombre les sticks bien alignés pour embarquer. Dans la nuit murmure des voix sans nombres, les hommes sont impatients d'être largués………..Etrangement, il appréciait cette complainte entonnée par le peloton, s'appliquant à rester en cadence. Les troupes n'étant plus en instance d'appel, avait commencé le « débourrage » de la nouvelle classe.
Deux jours déjà depuis son premier vaccin, enfin l'ankylose diminuait. La dose avait-été sévère ma foi ! Contre quoi n'était-il pas immunisé maintenant ?
Il commenca à bachoter sur la classification des grades de l'armée de terre, cultiva le salut, chemina au pas en psalmodiant des refrains va-t-en-guerre, progressa dans la pédagogie du demi-tour à droite, à gauche, s'exerça à la présentation des armes, s'accoutuma à donner la réplique dans un langage spécifique limité.
On lui inculquait tout bonnement l'allégeance !
Les revues de chambrées fréquentes, apportaient des sanctions sans appel. Placements, alignements, classements, étaient routine ! Le secret du lit au « carré » une banalité. Par bonheur, les séances sportives, « proposées » sur le terrain riverain, amenaient une respiration dans la fadeur répétitive de cet apprentissage.
Incorporé dans la cavalerie, les destriers ayant fait place aux Engins Blindés de reconnaissance, la formation poids lourd s'approfondit sur un G.M.C, antédiluvien ! Trois petits tours et puis s'en vont, absolument ! Trois petits tours…. il était apte à piloter !
Affecté aux Chars, c'est dans un camp militaire du Midi, qu'il effectuerait son initiation.
Le train spécial des Forces Françaises en Allemagne, achemina donc tous les prétendants à la conduite d'engins blindés, à roues ou à chenilles, vers le camp d'entraînement de l'armée de terre de Carpiagne. Voyage interminable, qui mit à mal la vaillance de l'hypothétique combattant. Courbatu, exsangue, il fit bon accueil à son nouveau pied-à-terre…….
Les corvées »annexées » au paquetage, se conjuguaient avec l'obtention de la capacité à convoyer des engins blindés.
Extravagant engin que ce char huit roues dont quatre métalliques relevées en position de route, permettaient des vitesses peu communes. L'avant où l'arrière n'était percevable que si l'on regardait la direction où pointait le canon. Amphibie, deux postes de pilotages, en proue et en poupe, une boîte de vitesse de chaque côte du (des) conducteur (s)…..
L'harmonie de conduite résultait dans la combinaison de celles-ci. ……..Et chacun son volant !…… Que l'on adaptait et libérait au gré de l'engin affecté !
Il s'accommodait bien de tout ça et s'ébauchait même un début de plaisir, quand revint en scène l'éblouissant treillis d'apparat. P……de tissu ! Quand il fallait le conformer pour un cérémonial quelconque !
Plis verticaux et plis horizontaux bien marqués, intervalles constants, repassage inattaquable, le tout soumis à un inspectorat minutieux qui pouvait amener le châtiment suprême. Une affliction ! Il abominait cette pelure !
A la bonne heure, à cet instant, il ignorait que c'est dans un de ces blindés rutilants, l'office de pilotage envahit d'huile qu'il allait défiler dans les rues de Marseille avec ce bel « habit de lumière » !
La défilade avait marqué la fin de la période d'adaptation aux tanks à roues. Le smoking de parade, maculé jusqu'à mi- jambes, remisé dans son balluchon d'excursions, attendait une décontamination se promettant épineuse !
Bouffi d'orgueil, nouvel « aigle « du pilotage, il se sentait chaud bouillant pour un déploiement sur de nouveaux théâtres d'opérations. ( Comme ils disaient ! )
Il ne doutait pas du plaisir que lui apportait son nouveau jouet ! Jusque là en fait, il n'avait fait que sillonner une piste de béton à vitesse restreinte, large, sans inégalité, sous la directive tolérante d'un instructeur. Mais le désenchantement s'amorcera dès les premières opérations en conditions concrètes, tempérant l'optimisme forcené du jeune plastronner.
Les conditions procédurières requises pour s'affranchir de toutes contraintes vis à vis du camp de formation accomplies, un brin mélancolique, il enfourcha le convoi qui le rapatrierait vers son port de rattachement. Parcours qu'il appréhendait, les convois militaires n'étant pas prioritaires.........
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Peu après son retour, Un nouveau contingent débarqua. Il allait gravir un échelon dans la hiérarchie du soldat. Il ne serait plus "bleu", mais dans les qualificatifs de distinction de classes.......bien loin d'être libérable. Fichtre ! Encore treize mois!
Il accusait une nouvelle assurance ! Certaines prérogatives sur la nouvelle « nurserie » l'amusaient. Que ce soit au Foyer, le supermarché de la garnison, pourvoyeur gastronomique et de biens matériels de premières nécessités, au cinéma du Quartier, le respect structuré de la classe supérieure était systématique. Lui, s'abstenait bien de piétiner celles des anciens ………
Il se sentait prêt à mettre en application tout ce qu'il avait absorbé ces dernières semaines........mais ce qu'il avait ingurgité n'était que les prémisses d'une longue.......anesthésie ! (!!!!!!)
Le durcissement du parcours du combattant inaugurait un tremplin dans la formation qu'il continuait à suivre. Ramper, sauter, courir, tirer, et autres lancés de grenades le bassinaient un peu, mais toujours plus attrayant que l'enseignement du démontage et remontage de l'arme qu'il était tenu de « chérir !!
La dernière marche punitive, de nuit, avait laissé des traces, et l'euphorie avec laquelle lui et ses camarades se mouvaient ce matin, n'assurait pas une nuit peuplée de doux rêves......
Toutefois, l'approfondissement de ce façonnage allait se concrétiser !!
Bitche allait en être le premier épisode......
A suivre....
*lEVIOC



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